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Mémoire et connaissance du Nitassinan, un site spécifique à la nation innue où des aînés transmettent leur savoir-faire et leur culture à des plus jeunes.

Nametau Innu

Portrait de la nation innu

Avec ses 18 000 personnes regroupées en 11 communautés établies au Labrador et dans la partie boréale du Québec, les Innus forment une nation dont la langue, l'innu-aimun, et la culture, l’innu-aitun, sont bien vivantes.

Ces communautés sont, d'ouest en est : Mashteuiatsh (Pointe-Bleue, sur la rive ouest du Lac Saint-Jean), Essipit (Les Escoumins), Pessamit (Betsiamites), Uashat mak Mani-utenam (Sept-Îles & Maliotenam), Matimekush-Lac John (Schefferville), Ekuanitshit (Mingan), Nutashkuan (Natashquan), Unamen-shipu (La Romaine) et Pakua-shipu (Saint-Augustin). Les deux communautés innues du Labrador sont Sheshatshit (Goose Bay) et Natuashish (anciennement Utshimassit-Davis Inlet).

Mis à part Mashteuiatsh et Matimekush-Lac John, profondément situées dans l’arrière-pays, les communautés innues sont établies sur la rive nord de l’estuaire et du golfe Saint-Laurent, tout au long des 900 kilomètres séparant la rivière des Escoumins, à l’est de l'embouchure du Saguenay, de la rivière Saint-Augustin, à l’ouest de la frontière du Labrador.

Territoire : Le Nitassinan

Depuis le recul des glaces, les Innus vivent sur le Nitassinan, une immensité boréale dont ils sont les gardiens. Avec le temps, ils ont su immortaliser leur savoir sur cette contrée en lui consacrant une toponymie très précise dans leur langue de tous les jours. Ici, pas de rivière « Sheldrake » ou de fleuve « Saint-Laurent »; seulement des Uanuaku (« lac rond qui a ni charge ni décharge ») ou Makatinau (« région de la plus haute montagne à l’embouchure de la rivière Mekatina ») ou Mashkuanu (« lieu qui ressemble au bout de la queue d’un ours »). La langue innue, en étant une de nomades, est très utilitaire. Ainsi, on nomme un lieu en décrivant un repère géographique. C’est en substance ce qu’on peut constater en visitant le territoire et en écoutant la chanson de Philippe Mckenzie sur l’état du Nitassinan.

Visite du territoire État du territoire - Musique de Philippe Mckenzie

Histoire

On dit que l'histoire d'un peuple ressemble à une rivière qui coule toujours au même rythme et qui, de siècle en siècle, réagit toujours de façon prévisible suivant un modèle qui lui est propre. Cependant, il arrive à cette même rivière, comme à cette même histoire, d'évoluer à grands coups de butoir. Dans le cas qui nous occupe, le premier véritable grand coup serait survenu après quelque 10 000 ans d’histoire et, si on en croit les Innus, aurait pris l’aspect anodin d’un fonctionnaire envoyé par le roi de France.

Culture du Caribou

Les Innus ont toujours voué le plus grand respect au caribou. De tout temps, le caribou a fourni aux Innus ce dont ils avaient besoin pour vivre en forêt : nourriture, vêtements, outils, matériaux et jeux. Comme le disaient les chasseurs : « sans caribou, il n'y a pas de caribou ». Ainsi, sans caribou, le chasseur n’a pas de raquettes, ne peut donc se déplacer en hiver, ce qui l’expose à la famine et à la mort. À la limite, un groupe de personnes peut savoir où est le caribou, mais faute d’outils faits en « caribou », se trouver dans l’impossibilité de s’y rendre. L'association entre l'Innu et le caribou est à un tel point que toute la société innue en est modelée. Que l'on parle de territoire, d'histoire, de spiritualité, de culture matérielle et même de ses rapports avec les autres cultures, la relation avec le caribou n'est jamais bien loin.

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Source: Nametau Innu

Spiritualité

La culture innue découle d’une certitude, celle que l’homme est dans l’univers au même titre que toutes les autres essences vivantes, ce qui, dans les cultures traditionnelles, inclut les arbres, les pierres, les insectes, le vent et bien d’autres espèces. Cet univers, très bien structuré, a comme symbole une section d’arbre avec ses innombrables stries, chacune représentant un « monde » dont celui des humains, des animaux, des végétaux, des minéraux, du vent, etc. Tous sont transmis de grand-père à petit-fils par le biais de légendes : Carcajou, Mesh, Les oiseaux d’été et bien d’autres. Au centre de celles-ci, il y a le récit fondateur de Tshakapesh, un héros qui nous fait connaître le « monde du rêve », seul à pouvoir accéder à tous les autres « mondes ».

Outils

Par « culture matérielle », on entend un ensemble d’objets, de trucs ou de méthodes utilisées dans le quotidien innu, tous caractérisés par leur simplicité, leur efficacité, leur qualité et leur connotation spirituelle. Le tambour, les raquettes, le canot, la petite chasse ou la tente à suer, sans oublier les connaissances météorologiques et l’art de faire du feu, sont des exemples de connaissances de base essentielles au mode de vie nomade. Les innus présentent leurs raquettes au soleil, rêvent à leur tambour, communiquent avec leurs aïeux et rendront des comptes à Papakassiku, le maître des animaux terrestres. « Regarde-moi faire » dira nimushum au fils de son fils ou nukum à la fille de sa fille. C’est comme ceci qu’on marche en raquette, qu’on allume un feu, qu’on repère un animal, qu’on se purifie dans un matutishan, qu’on fabrique des mocassins, et ainsi de suite.